Thèmes

homme image vie moi monde chez france article travail nuit google france

Rubriques

>> Toutes les rubriques <<
· Actualités (1987)
· International (768)
· Billet du jour (1361)
· Poesies (100)
· Articles du jour (43)
· Congrès du PCF 2016 (39)
· OUEST-BITERROIS (18)
· Contributions (20)
· MONTADY (10)
· évènements (5)

Rechercher
Derniers commentaires Articles les plus lus

· Le billet du jour par COB
· Réserve
· Dans le Finistère, la fronde qui menace la FNSEA
· Le catalogue français de l'optimisation fiscale
· Fermetures à la chaîne dans les supérettes Casino

· La difficile traque des commanditaires du 13-Novembre
· International
· Billet du jour
· Pas de « droit à l’erreur » pour les allocataires
· Articles du jour
· Le gendre du roi Juan Carlos dormira en Prison...
· EN FRANCE, LES PLUS RICHES - 1% DE LA POPULATION...
· Doyen Sports: Une pieuvre aux connexions mafieuses
· La double billetterie, de la fédération de rugby
· Les aventures offshore de Bernard Laporte,

Voir plus 

Abonnement au blog
Recevez les actualités de mon blog gratuitement :

Je comprends qu’en m’abonnant, je choisis explicitement de recevoir la newsletter du blog "pcfob" et que je peux facilement et à tout moment me désinscrire.


Statistiques

Date de création : 03.03.2015
Dernière mise à jour : 03.02.2026
4494 articles


A Montpellier: «Les blocages, c’est notre 49-3 à nous"

Publié le 27/05/2016 à 11:43 par pcfob Tags : image vie moi monde chez france article travail nuit google
A Montpellier: «Les blocages, c’est notre 49-3 à nous»
26 mai 2016 | Par timothée aldebert in Mediapart

Dans la capitale languedocienne, les manifestants soutiennent sans hésitation la perspective d'une France bloquée. Sébastien, Claude, Anaïs, Nicolas, “Lutin”, Andrée ou Noël, comme toutes les personnes croisées dans le défilé, affirment vouloir tenir bon. Verbatims.

                       
 

 

Montpellier, de notre envoyé spécial.-  Ce jeudi en fin de matinée, à Montpellier, la manifestation contre le projet de loi sur le travail a de nouveau rassemblé quelques milliers de personnes, sur un parcours partant du quartier d’Antigone pour se terminer place de la Comédie, en passant par la gare Saint-Roch. Dans une ambiance joyeuse, on y alterne chants et slogans, sans affrontements. À l’arrivée, le cortège se scinde entre une manifestation sauvage et une assemblée générale façon Nuit debout. Mediapart est allé à la rencontre des manifestants, pour savoir comment ils appréhendaient le nouveau tour pris par la mobilisation, et la perspective de blocages en tous genres allant crescendo.

 

Départ de la manifestation montpelliéraine, quartier d'Antigone, le 26 mai 2016 © T.A Départ de la manifestation montpelliéraine, quartier d'Antigone, le 26 mai 2016 © T.A

 

Sébastien, 30 ans, menuisier à Montpellier

« Je suis mobilisé depuis le 31 mars et la première Nuit debout. Ça a été pour moi le déclencheur, avant je n’étais pas du tout militant, je n’avais pas d’avis politique, et je ne me sentais pas concerné par la politique et nos représentants. Ils brassent du vent et sont responsables de l’état du pays et de la précarité de nombreuses classes sociales. Je n’ai pas voté depuis dix ans, je suis un partisan de la reconnaissance du vote blanc. Depuis le début de la résistance à la loi travail, j’ai fait trois manifestations. Mais je pense qu’à un moment donné les blocages sont nécessaires car le mouvement est trop stigmatisé. Les blocages, c’est notre arme pour faire prendre conscience aux gens qui ne sont pas encore mobilisés et les interpeller avec notre détresse. J’ai d’ailleurs prévu de participer à des actions de ce type. C’est le nerf de la guerre maintenant. Cependant, je rejette la violence, car elle est déjà présente partout autour de nous, et les médias l’utilisent allègrement pour faire des amalgames et camoufler nos vraies revendications. »

Claude, 70 ans, retraitée de l’agriculture

 

Claude © T.A Claude © T.A
« Je suis une ancienne déléguée de la CGT, qui comptais un peu sur le monde du travail et la jeunesse pour lutter, je ne pensais pas avoir à m’y remettre ! Mais cette loi a ravivé mon ras-le-bol. Pour moi, c’est l’article 2 la clé du projet, sans lequel ce dernier perd tout intérêt. Je soutiens entièrement tous les blocages, qui sont plus que nécessaires aujourd’hui, et j’espère qu’il y en aura d’autres. Je suis même prête à y participer ! Et si mon niveau de vie doit en pâtir, eh bien, tant pis, je m’adapterai, même si je dois manger froid pendant quinze jours. »

 

 Anaïs, 22 ans, travaille dans une école à Teyran

 

Anaïs © T.A Anaïs © T.A
« C’est la première fois que je viens en manifestation, malheureusement je n’ai que très peu de temps pour ça… Je ne suis pas militante, je me considère comme apolitique, même si je participe à la Nuit debout quand mon emploi du temps me le permet. Je ne pense pas que les manifestations soient suffisantes pour aboutir à quoi que ce soit de concret : ça ne gêne personne que l’on passe d’un point A à un point B. Si l’on veut être écouté, il faut bloquer totalement l’économie du pays. Et pour y arriver, il faut se coordonner, ne serait-ce que pour une journée. Je suis tout à fait consciente des inconvénients et des privations que l’on subira en tant qu’individus, mais maintenant chacun a le devoir de faire fi de son petit confort personnel et de se battre pour la communauté. »

 

 Nicolas, 39 ans, en recherche d’emploi

 

Nicolas © T.A Nicolas © T.A
« Ma situation de chômeur a un avantage, celui de me laisser le temps de descendre dans la rue pour défendre nos droits. Je ne suis ni militant ni syndiqué, je viens en tant que citoyen, et je n’ai raté que deux manifs depuis le 9 mars. Je me mobilise autant dans la rue que sur les réseaux sociaux. Les manipulations autour des pseudo-concessions sur le projet de loi puis le passage en force par le 49-3 renforcent ma motivation. Le blocage, c’est notre 49-3 à nous, citoyens. Peut-être qu’on en paiera le prix, mais frapper l’économie, c’est la seule chose qu’ils comprennent. Et s’il y a besoin de moi pour aider à bloquer, j’irai. Les sondages montrent que les trois quarts de la population est contre cette loi, et si malgré tout, avec ce qu’il se passe en ce moment, ça ne suffit pas, la prochaine étape ce sera le C4. »

 

“Lutin”, 16 ans, lycéen interne au lycée Agropolis

 

Pancarte de “Lutin” © T.A Pancarte de “Lutin” © T.A
« Je ne suis politisé que depuis trois mois, depuis les premiers blocages, que j’ai d’ailleurs aidé à mettre en place. Depuis, c’est allé très vite : j’ai fait toutes les manifestations. C’est grâce au lycée que j’ai pris conscience de l’importance de revendiquer nos droits. Aujourd’hui j’ai un peu l’impression que le mouvement s’essouffle, mais si on baisse les bras, c’est sûr que l’on n’obtiendra rien ! On doit continuer jusqu’au bout. Mais les marches ne suffiront pas, il faut continuer et accentuer les blocages, quitte à en pâtir quelque temps : seule l’économie les intéresse, donc autant frapper là où ça fait mal ! »

 

 

 

 

Nuit debout, sur la place de la Comédie à Montpellier, le 26 mai 2016. © T.A" src="https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2016/05/26/capture-d-e-cran-2016-05-26-a-18-36-51.jpg?width=942&height=678&width_format=pixel&height_format=pixel" alt="AG de Nuit debout, sur la place de la Comédie à Montpellier, le 26 mai 2016. © T.A" /> AG de Nuit debout, sur la place de la Comédie à Montpellier, le 26 mai 2016. © T.A

 

Andrée, 65 ans, ostéopathe

« Ça fait deux mois que je descends dans la rue et que, dans le même temps, je participe activement à la Nuit debout. Les deux sont liés, ça me touche de voir cette jeunesse qui refuse d’être une nouvelle génération-consommation, qui préfère se réunir, réfléchir et discuter de l’avenir. Je retrouve mes 18 ans et Mai 68 ! C’est important d’être ici, cela montre que l’on est présent et que notre désaccord avec le gouvernement est viscéral. Mais ce n’est pas suffisant, car nos dirigeants sont sourds. On veut nous faire croire que l’on est une minorité, alors que moi, je les vois défiler les salariés dans mon cabinet. Et quels que soient le niveau de salaire, la profession, le même malaise et le même mal-être se retrouvent partout ! Je regrette d’avoir à dire ça, mais évidemment dans ces conditions je ne peux qu’approuver le blocage, il n’y a que comme ça que l’on peut changer le rapport de force et se faire entendre. Je suis même prête à aller sur place et à me serrer la ceinture pour cela. »

Noël, 62 ans, prévisionniste chez Météo France et secrétaire départemental de Solidaires

 

Noël © T.A Noël © T.A
« Évidemment, étant donné mon engagement syndical, je suis mobilisé depuis le début du mouvement contre la loi travail, j’ai fait toutes les manifestations. On a vu que ce n’était pas suffisant, que le gouvernement ne reculera pas si l’on ne va pas plus loin. Les blocages, c’est la suite logique, même si cela inquiète la population. Personnellement je suis prêt à subir les dommages d’un blocage. Les enjeux sont extrêmement importants. Au-delà de cette loi et du droit des travailleurs, c’est la démocratie que l’on défend. Elle est niée tant dans le gouvernement qu’au parlement : le premier, outre l’utilisation du 49-3, révoque toujours plus son programme électoral, tandis que le second ne fait rien contre ça. Nous, on utilise notre 49-3 à nous, pour défendre nos droits comme notre démocratie. »