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organiser une resistence, une lutte contre ce qui peut paraitre inexorable est deja quelque chose d
Par revesolution, le 15.09.2019
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Par Anonyme, le 27.05.2019
je voudrais bien ecrire mais il n'apparait que ce petit cadre alors tant pis je vais l'utiliser.
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Par Anonyme, le 24.01.2019
le mouvement des gilets jaunes à pris sa source dans le mécontentemen t d'une grande partie de la population;
Par Anonyme, le 23.01.2019
oui, une enquete s,impose.... http://revesol ution.centerbl og.net
Par revesolution, le 25.11.2018
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Date de création : 03.03.2015
Dernière mise à jour :
16.02.2026
4497 articles
Depuis trois mois, l’élection de Donald Trump a repolitisé l’Amérique. Les électeurs démocrates, loin de leur parti vermoulu, se mobilisent en des milliers de groupes d’intervention pour « résister » aux coups de force du 45e président et inventent de nouvelles formes d’action. Premier objectif : battre les républicains au Congrès en 2018 et attaquer en justice les mesures Trump.
New York, de notre correspondant.- Ils sont plus de deux cents, ce 19 avril, sur les gradins d’un gymnase du Riverbank State Park, au nord de Manhattan. En grande majorité blancs, mais aussi latinos et noirs, ils sont venus des quartiers gentrifiés du « nouveau Harlem » ou du Bronx et du Washington Heights hispanique pour rencontrer leur invité, Mike Gianaris. Cet élu de l’assemblée de l’État de New York est bientôt pressé de questions sur le vote du prochain budget à Albany, la capitale de l’État, sur la duplicité d’une frange de démocrates ruraux alliés aux républicains pour les affaires régionales, et sur la réponse de la mairie de New York, jugée insuffisante, aux mesures anti-immigration de Donald Trump.
Gianaris n’est pas en campagne, sa réélection n’est pas d’actualité et l’intensité, le détail des échanges évoqueraient bien moins une réunion électorale qu’un remue-méninges stratégique pour initiés ou professionnels de la vie politique. Or, la réunion est celle de simples citoyens, membres de l’association Indivisible. Présente dans 50 États, Indivisible compte près de 6 000 groupes opérationnels locaux, tous engagés dans l’héroïque résistance à Donald Trump.
Pour la forme, une femme, lassée des arguties tactiques, se lève soudain en brandissant une pancarte RefuseFascism, du nom d’un mouvement lancé par le critique littéraire new-yorkais George Prochnik, auteur d’une récente biographie de Stefan Zweig, mettant en garde, comme l’avait fait l’écrivain exilé aux États-Unis, contre la complaisance envers la montée de l’hitlérisme. Des gradins, on lui assure qu’on a « compris le problème ». Gianaris confirme qu’il « ne croi[t] au changement que par la voie démocratique des élections », et le débat reprend sur le meilleur moyen de pousser l’élite démocrate à vraiment combattre le péril Donald Trump et éviter les rafles d’immigrés dans l’État de New York.
Passé le choc du 8 novembre 2016, trois mois de présidence Trump ont contribué à une renaissance politique américaine. Trump est un président obsédé par sa popularité, au point de tenir un compte précis de l’audimat de ses apparitions à la télévision. Il est ulcéré par les imitations et les vacheries quotidiennes que lui infligent les comiques des shows nocturnes. Ces comiques sont encensés par l’opposition comme des héros de la « résistance ».
Il en va de même pour les manifestations, dont l’ampleur et l’organisation attisent ses rancœurs. Mais alors même qu’il accuse les manifestants d’être payés pour défiler, leur hostilité a joué, selon son entourage, un rôle essentiel dans les derniers remaniements de son administration : mise au placard tactique de son adjoint, l’idéologue nationaliste Steve Bannon ; promotion soudaine de sa fille Ivanka et de son gendre, Jared Kushner, images de la modération glamour.
Un électorat démocrate, longtemps raillé pour son abstentionnisme et sa confiance passive dans l’appareil du parti démocrate, s’était un moment animé dans le sillage du populiste Bernie Sanders. Mais la défaite effarante aux présidentielles laissait entrevoir un retour à la déprime, à quatre ans de vie politique réduite aux gémissements d’élus impuissants devant le démolisseur de la Maison Blanche.
Erreur. L’establishment s’en remet maintenant à une base motivée, enragée même, mais prête à déployer des trésors de raison et des heures de travail de fourmi, de coups de fil, de lettres aux élus, de logistique de manifs pour prendre sa revanche lors des élections de 2018 au Congrès, ravir leur majorité aux républicains et évincer Trump en 2020. Julie Ruben, une résidente de Washington Heights, au nord d’Harlem, a profité des tempêtes de neige de mars pour organiser sa première réunion chez elle avec des voisins. « Pour décider de ce qu’on pouvait faire, chez nous ou dans la rue, pour résister à Trump. »
Les mots d’ordre ? Le roi du tweet se charge lui-même de les fournir. Sa tempête de missives odieuses, ses tombereaux de décrets bidons contre les immigrés et ses outrances contre le Planning familial, son rejet viscéral de toute politique de défense de l’environnement et même sa tentative de privatiser les parcs nationaux, son offensive contre l’assurance santé d’Obama et son mépris constant, aigri et hargneux du camp des vaincus indociles auront eu au moins un mérite : celui d’avoir repolitisé l’Amérique. Quant à la feuille de route des millions de militants, elle ne provient pas des officines de Washington.
MoveOn.org, un mouvement spontané, apparu en 1998 pour défendre Clinton contre les républicains du Congrès, occupe à nouveau sur les plateaux de télévision la place qui reviendrait aux ténors du parti démocrate pour rappeler à leurs interlocuteurs républicains « les vertus du civisme et du bien public ».
Quant à Indivisible, il consacre un miracle. Le mouvement est né d’un vague « Google doc » publié sur Internet en décembre 2016 par un petit groupe de jeunes assistants parlementaires, en poste ou au chômage après l’éviction de leurs patrons, élus démocrates, aux élections du 8 novembre. Ils ont tiré les leçons du désastre de ces élections. Ils ont concocté un texte qui n’est autre qu’un manuel de combat électoral, un b. a.-ba du harcèlement des parlementaires par téléphone ou de l’irruption dans leurs réunions de permanence. Le « guide » s’inspire des méthodes du Tea Party, un mouvement de droite dont l’organisation et la capacité de réaction avaient été la plaie de Barack Obama pendant huit ans. Twitter s’est chargé du reste. Relayé par Robert Reich, le très progressiste ministre du travail de l’administration Clinton, devenu la conscience progressiste d’Internet, le manifeste fédérait près de 4 000 groupes citoyens dès la fin février.
Indivisible a joué un rôle capital dans l’organisation de la marche des femmes sur Washington, le 21 janvier 2017. Deux cent mille manifestantes, coiffées des fameux Pussy Hats, ont défié la muflerie trumpienne et, de fait, gâché son weekend d’investiture. Le 15 avril, une Tax march, organisée dans plus de 200 villes américaines pendant la période d’envoi des feuilles d'impôts, exigeait à nouveau que Trump publie sa déclaration. Trois mille manifestants postés sur la route menant à son club de Mar-a-Lago ont obligé son cortège à improviser un détour au retour de son après-midi de golf, suscitant un tweet rageur du président.
Suivant la consigne d’Indivisible, une nuée d’électeurs concernés a provoqué la zizanie dès février dans les town halls, et les réunions électorales des élus républicains du Congrès, s’affirmant comme l’opposition légitime dans des assemblées jusqu’alors monopolisées par les électeurs conservateurs. Revenus dans leur circonscription pendant les vacances de Pâques après l’échec de l’abrogation de l’assurance santé, les législateurs en ont pris à nouveau pour leur grade.
Le représentant conservateur Joe Wilson, connu dans tout le pays pour avoir hurlé : « Tu mens ! » à Obama lors d’un discours de l’ancien président au Congrès en 2009, se fait accueillir par le même cri, venu cette fois du public. Au Texas, le représentant Joe Barton, l’un des détracteurs les plus virulents de l’Obamacare, tombe des nues quand les électeurs le huent en l’entendant accabler la politique de santé du gouvernement précédent.
Par pure tactique, les activistes s’en prennent aux élus républicains les plus centristes et sensibles aux revirements de l’opinion dans leurs districts. Dans le Colorado, le représentant Mike Coffman prend une volée de bois vert d’un électeur de son parti, inquiet que la loi sur la santé de Trump ne rende inabordables ses cotisations d’assurance. Les temps changent.
Si l’échec de la réforme de la santé républicaine a été imputé aux durs du Freedom Caucus ultra-conservateur de la Chambre, l’aile modérée du parti y a contribué plus encore en refusant toute concession à la droite, de crainte d’en payer le prix en 2018 dans leur circonscription. La raison ? Indivisible avait publié leurs numéros de téléphone sur Facebook et les centaines d’appels quotidiens, spontanés ou passés par des groupes d’activistes des quatre coins du pays, leur rappelaient pour la première fois la prochaine échéance électorale.
Le retour des protestataires a pris l’administration Trump par surprise. Le siège des aéroports, à New York, Los Angeles ou Seattle, dès les premiers refoulements de voyageurs en provenance de sept pays musulmans, le 8 février, a immédiatement grippé le plan démagogique de l’administration. Et engendré une conscience nationale. En une semaine, l’American Civil Liberties Union (ACLU), dont les avocats bénévoles passaient des nuits à obtenir la libération des détenus des salles de transit, a reçu 24 millions de dollars de donations par Internet, l’équivalent d’un an de levée de fonds habituelle. Et la mobilisation ne peut qu’avoir influencé les juges administratifs fédéraux qui, par deux fois, après un déluge de requêtes des États démocrates et des associations de liberté civiques, ont annulé les décrets bannissant les réfugiés et les ressortissants de pays musulmans.
Trump, pour clore ces 100 jours fort décevants pour ses supporteurs les plus fidèles, jure maintenant vouloir saisir la Cour suprême pour légaliser enfin ses décrets sur l’immigration. Quand bien même il disposerait aujourd’hui d’une majorité de cinq juges conservateurs dans la plus haute juridiction du pays, depuis la nomination en mars du magistrat Neil Gorsuch, ses propos ouvertement discriminatoires contre les musulmans pendant toute sa campagne risquent à nouveau de ruiner sa nouvelle offensive. La Constitution n’a pas changé et les cours de justice, qu’il accable d’insultes, restent des remparts de résistance à l’excès de pouvoir de l’exécutif.
Trump avait raillé le « soi-disant juge » de Seattle, responsable de l’annulation de son premier décret. C’est au tour de Jeff Sessions, secrétaire à la justice, de subir une rebuffade d’une cour fédérale californienne qui annule ses mesures de rétorsion contre les villes « sanctuaires », coupables de refuser de remettre systématiquement à la police fédérale les clandestins arrêtés pour des délits mineurs. Le gouvernement aggrave son cas en assurant, contre toute vérité, que New York, « ville sanctuaire » décriée par Trump, « vit au rythme des meurtres des gangs, la rançon de son laxisme ». Les réactions du maire, Bill de Blasio, et des syndicats de police outrés ont conduit Jeff Sessions à présenter ses excuses. Mais la résistance des grandes villes aux diktats de Washington promet de continuer.
Il aura suffi de trois mois de délire présidentiel pour que tombe déjà la sanction des urnes. Ou presque. La mobilisation démocrate est telle que lors d’élections partielles au Kansas, une circonscription aux deux tiers républicaine, que Trump avait emportée avec 27 points d’avance, a bien failli passer, le 11 avril, aux mains d’un candidat démocrate. Pour éviter un camouflet catastrophique, Trump et le vice-président Mike Pence ont dû se rendre sur place et organiser un meeting de dernière minute.
Une semaine plus tard, en Georgie, c’est un autre fief républicain, tenu par ce même parti depuis plus de 20 ans, qui menace de passer dans l’autre camp. Le candidat démocrate, Jon Ossoff, un jeune documentariste de 30 ans, brigue la circonscription délaissée par le représentant Tom Price, idéologue de l’anti-Obamacare promu ministre de la santé de Trump. Il mène sa campagne avec un slogan assez clair : « Faites enrager Donald Trump ! » Jon Ossoff a reçu 8 millions de dollars de fonds de campagne de donateurs démocrates du pays entier.
De New York à San Francisco, des escouades de bénévoles se relaient pour appeler les électeurs sudistes à voter pour le novice. Il a obtenu 48 % des voix au premier tour. Si ses chances au deuxième tour sont réduites, la mobilisation des démocrates locaux a une fois de plus conduit Trump à s’investir par une bordée de tweets. Mais le signal des urnes est clair. Il signale un déficit d’enthousiasme à droite et une offensive forcenée du mouvement anti-Trump.
Cette frénésie électorale inquiète paradoxalement l’establishment démocrate. À ériger ainsi la moindre élection partielle en théâtre de la revanche anti-Trump, les militants risquent de vider le budget de campagne du parti dans des attaques perdues d’avance, sur des circonscriptions inexpugnables en raison du découpage électoral. Mais il importe de ramener ce mouvement spontané dans le giron du parti démocrate. Seul problème : quel parti démocrate ?
Convaincus que Bernie Sanders aurait gagné contre Donald Trump en novembre, si Hillary Clinton et l’establishment ne lui pas avaient volé les primaires, les insurgés de la gauche américaine rejettent massivement la direction d’un parti décati. Pour éviter une anarchie désastreuse lors de la prochaine échéance de 2018, Bernie Sanders a consenti à partager une « tournée nationale de l’unité » avec le nouveau secrétaire général du parti démocrate, Tom Perez, élu en janvier au terme d’un psychodrame de divisions internes.
Résultats… mitigés. Sur la scène d’un meeting à Miami, Sanders, sous les ovations, a une fois de plus rappelé que « Trump n’a pas gagné les élections ! Les démocrates les ont perdues ! ». Tom Perez, représentant de la superstructure honnie, écopait des huées destinées à Hillary Clinton. Il en faudra plus pour ramener le nouveau peuple démocrate dans l’enclos d’un parti discrédité par la défaite de novembre et accusé d’avoir trahi ses valeurs. Plus encore pour transformer avant novembre 2018 une stratégie de résistance en offensive de conquête.