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Dernière mise à jour : 16.02.2026
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Pour Benoît Hamon, c’est déjà presque lundi matin

 

Pour Benoît Hamon, c’est déjà presque lundi matin
28 janvier 2017 Par christophe Gueugneau  dans Médiapart

En meeting à Montreuil jeudi et à Lille vendredi, le favori du second tour, dimanche, de la primaire du PS, pense déjà au prochain coup à jouer : réussir le rassemblement au sein du parti comme avec le reste de la gauche.

 

 

Montreuil et Lille, envoyé spécial. - Les attaques de Valls et ses proches, depuis plusieurs jours, l’ébranlent à peine. Et au petit jeu des meetings, c’est à nouveau lui qui l’emporte. Jeudi soir à Montreuil, le palais des Congrès est plein : 3 000 à 3 500 personnes dans une ambiance électrique – quand Manuel Valls réunit entre 500 et 800 personnes à Alfortville. Les drapeaux s’agitent, la sono hurle, les organisateurs rajoutent à la hâte des fauteuils sur les côtés. 

Au premier rang, les hamonistes Alexis Bachelay et Régis Juanico, Pascal Cherki et Mathieu Hanotin, ou encore Naïma Charaï côtoient les partisans d’Arnaud Montebourg franchement ralliés – François Kalfon, Marie-Noëlle Lienemann, Daniel Goldberg et Gérard Filoche –, et même Jean-Marc Germain, héritier putatif de Martine Aubry, sans compter quelques cadres d’EELV.

Sur la scène, pour la touche people, la cinéaste Valérie Donzelli prend brièvement la parole. « Le programme de Hamon n’est pas utopique, il est imaginatif. Moi j’y crois ! » conclut-elle sous les applaudissements. Candidate aux législatives en Gironde, Naïma Charaï enchaîne, envoyant elle aussi son taquet à Manuel Valls : « On ne convainc pas les citoyens en singeant la droite. »

Devant quelques journalistes, Régis Juanico parle déjà des coups d’après. Il exprime quelques « craintes » à propos des députés du « Marais », ceux qui ont mal vécu les frondeurs, mais n’a pas de « doutes » sur la fidélité du premier ministre Bernard Cazeneuve. Mais le plus important pour Juanico dépasse le PS : « C’est important le parti, mais nous, on va élargir à gauche. » « On a un mois pour faire baisser Mélenchon et Macron », dit-il, ou encore : « Pour éviter les départs chez Macron, il faut être en dynamique permanente. »

La dynamique, jeudi, est bien là. Avec un fait notable : la population est bien plus diverse que lors des précédents meetings, avec des jeunes en nombre, certes, mais aussi des têtes chenues qu’on voyait peu auparavant. Benoît Hamon arrive enfin sur scène, dans une cohue de journalistes et de soutiens. Quelqu’un dans la foule lui lance un« je t’aime » assez fort pour qu’il entende.« Moi aussi je t’aime, je ne sais pas qui a dit ça mais merci », répond le candidat, souriant jusqu’aux oreilles.

 

Benoît Hamon jeudi soir à Montreuil. © CG Benoît Hamon jeudi soir à Montreuil. © CG

 

Tout le monde dans son équipe n’a que l’après second tour en tête mais dans son discours, Hamon tient à répondre à la campagne des vallsistes. Lancée dès le soir du premier tour, la petite musique qui ferait de Hamon le candidat « des Frères musulmans », le candidat « islamo-gauchiste » prêt à des « accommodements avec l’islam radical », passe décidément mal. « On m’avait dit attention, le second tour risque d’être un peu plus dur que le premier, il l’a été incontestablement », commence Benoît Hamon. Celui-ci dénonce ensuite la campagne menée par l’extrême droite qui a transformé son nom en « Bilal Hamon » : « Je veux les remercier, c’est un très joli prénom », lance-t-il à la foule, qui répond en criant « Bilal ! Bilal ! ». « Je serai aussi fier qu’ils m’appellent Elie ou David, peu importe », ajoute le candidat. Puis plus sérieusement : « J’ai bien compris le terrain sur lequel certains voulaient aller, je le trouve dangereux car quand on instille ce poison, on prépare la division, on ne prépare pas le rassemblement. »

C’est bien ce rassemblement que lui veut engager. Il y consacre toute la fin de son discours à Montreuil : « Lundi matin, si les Français de gauche me font confiance, il me reviendra de rassembler un peu plus qu’une famille politique, plus que la famille socialiste[…] mais aussi toute la gauche, la gauche écolo et la gauche radicale. » Estimant qu’il lui revenait de prendre cette question « au sérieux », Hamon a insisté pour dire que ce rassemblement devait avoir lieu « sur des bases claires, transparentes, pour ces citoyens qui espèrent, qui ne veulent pas choisir entre Marine Le Pen et François Fillon au second tour ». Affirmant qu’il était en « capacité de submerger la logique des appareils », il a répété qu’il ne posait « aucun préalable ». « La force de la gauche, c’est d’opposer aux hommes providentiels l’intelligence collective », explique-t-il, avant de conclure au bout d’une heure de discours : « Seul, on va plus vite mais ensemble, on va plus loin. »

Rebelote le lendemain à Lille, au terme d’une journée chargée, au sens littéral et symbolique. Dans la matinée, Benoît Hamon a retrouvé son ancien concurrent et désormais soutien Arnaud Montebourg pour une visite express de la Pépinière 27, qui héberge des sociétés travaillant notamment dans l’économie collaborative. Puis, en début d’après-midi, départ à Lille pour une visite centrée sur la culture – au programme, la visite d’un centre culturel, d’une médiathèque et un échange avec des acteurs culturels sur le soutien de l’État. Sur le quai de la gare, c’est François Lamy, l’hyper-proche de Martine Aubry, souffrante, qui l’accueille. Un symbole n’arrivant jamais seul, le candidat recevait ce même jour un soutien appuyé de Nicolas Hulot.

 

Vers 18 heures, la queue s’étale déjà largement devant le Palais des sports Saint-Sauveur à Lille. Des jeunes, comme souvent, mais aussi des familles avec leurs enfants. À l’intérieur, Jean-Marc Germain assure le service après-vente du ralliement – tardif, après le premier tour – des aubrystes. Germain justifie : « On est content de ne pas l’avoir soutenu plus tôt, comme ça, sa victoire du premier tour, ses 36 %, ce sont les siens. » « Maintenant, on apporte quelque chose, notamment Martine Aubry, une femme d’État. » Le député est lui aussi déjà dans l’après. Il vante la capacité de Hamon de parler avec toute la gauche, de Mélenchon à Macron – « s’il se dit de gauche », précise Germain – et tente même un petit comparatif : « Lundi, les gens vont se dire : il y avait Mélenchon, maintenant on a le même en plus jeune, en plus central à gauche. »

À la tribune, les invités chargés de chauffer la salle ne disent pas autre chose. Charlotte Brun, adjointe au maire de Lille, se rappelle qu’il y a six mois « personne n’y avait cru », que la gauche était « abîmée », mais, conclut-elle, « à cœur vaillant rien d’impossible ». François Lamy, député de l’Essonne mais candidat aux législatives dans le Nord, abonde : « Benoît Hamon a été de tous les combats de ce gouvernement. » Pour ce proche de Martine Aubry, « dans ce quinquennat durant lequel nous avons perdu la confiance de tellement d’électeurs de gauche, nous avons tout fait pour débattre, proposer, sans jamais être entendus ». « Benoît Hamon s’est engagé à rassembler tout le PS, toute la gauche, avec les écologistes », termine Lamy. 

Anne-Lise Dufour-Tonini, députée du Nord, lui succède, tandis que la salle achève de se remplir – environ 2 500 personnes. « Nous avons été pendant cinq ans les gardiens du discours du Bourget », explique-t-elle, ajoutant : « Les frondeurs, ce n’est pas nous. » Applaudissements nourris.

Et puis bien sûr, Lille oblige, vient le tour de Martine Aubry, notre « boussole », dit le speaker. En convalescence, la maire de Lille a enregistré un message, diffusé dans un silence quasi religieux. « J’aurais aimé ce soir, Benoît, te serrer dans mes bras », explique l’ancienne ministre du travail. « Vous êtes en train de faire renaître la politique, celle qui manque tant, ajoute Aubry. N’écoutez pas le cœur des grincheux qui sont toujours en retard quand il faut être à la hauteur de l’histoire. »

Le message est terminé, sur les deux écrans géants, apparaît l’image de Benoît Hamon filmé depuis les coulisses, l’air grave, touché par cette onction. Le candidat peut entrer en scène dans un délire d’applaudissements et toujours la même musique, Prayer in C, de Lilly Wood and the Prick.

 

Benoît Hamon vendredi soir à Lille © CG Benoît Hamon vendredi soir à Lille © CG

 

Fidèle à ses précédents meetings, Benoît Hamon a longuement parlé de « l’option radicalement différente » qu’il propose, et qui n’est pas, selon lui et contrairement à ce que ses détracteurs en disent, une société sans travail, mais une société qui prenne en compte « la raréfaction du travail » ou à tout le moins une société « où le travail est transformé par la révolution en cours ». Benoît Hamon cite d’ailleurs Barack Obama, qui dans son discours à la Maison Blanche, « le jour où il a donné les clés à Trump, a lui aussi parlé de la transformation du travail »

Après la polémique sur le vaste plan de réduction d’effectifs à La Voix du Nord, il a aussi dit sa solidarité avec les personnels licenciés, et en a profité pour dénoncer de nouveau la loi sur le travail, décidée par ceux qui « aiment leur travail » pour « ceux qui ne l’aiment pas forcément ».

Durant environ une heure, il a également évoqué son projet de revenu universel d’existence, un nouveau « pilier de la protection sociale », qui doit permettre d’« équiper les gens en droit pour qu’ils aient l’opportunité réelle d’être libres ». Reprenant son concept de « futur désirable », il a expliqué son projet de lutte contre la pollution et la malbouffe. Dans cette région où la mortalité infantile est supérieure de 30 % à la moyenne nationale, a rappelé Benoît Hamon, il est urgent selon lui d’agir : « C’est une responsabilité politique. » « C’est trop facile de dire aux gens “mangez bio, que diable”, je suis d’accord, il y a plein de gens qui voudraient manger une nourriture de qualité. » « Mais, ajoute-t-il, il y a d’abord une responsabilité politique et j’entends bien l’assumer. »

Cette question de la responsabilité était au cœur de son discours, alors que ses adversaires lui reprochent notamment son utopie. Benoît Hamon en plaisante devant le public, racontant l’histoire de son conseiller en communication qui, au début de la campagne, lui a conseillé de « faire président ». « Je n’imiterai personne », répond Hamon, « je veux qu’on dise qu’il n’a singé personne, que c’est un représentant du peuple de gauche. »

Évoquant plus tard la question du terrorisme, ajoutée à la menace environnementale, le candidat a déclaré : « Devant les menaces qui pèsent, les hommes et les femmes de gauche ne peuvent pas s’interdire a priori de se rassembler. » Il s’en est ensuite pris à François Fillon et son « déchaînement anti-service public », le candidat de la droite voulant supprimer 500 000 fonctionnaires. Il a également dénoncé sa position sur l’accueil des migrants, citant le pape François qui a dit qu’il ne fallait pas fermer les frontières. Tonnerre d’applaudissements, et des « Benoît ! Benoît ! » dans la salle.

Pour conclure, Benoît Hamon a de nouveau souligné sa volonté de rassembler « toute la gauche », au sein du PS, chez les Verts, les communistes et dans la gauche radicale. « Si on devait faire le premier tour du programme, nous verrions que sur l’essentiel nous avons plus de points communs que de différence », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il ne« ménagerait aucun effort » pour y parvenir et soulignant que« ce rassemblement est d’autant plus nécessaire que cette élection, on nous la présente comme une élection perdue d’avance, qu’on devrait y aller la tête sur l’échafaud. »

Jean-Marc Germain positive : « Dimanche quand les résultats tomberont, on va passer de l’heure d’hiver à l’heure d’été vous verrez, il y a les sondages certes, mais il y a le résultat des urnes. » À propos des sondages, Stéphane Troussel disait déjà jeudi à Montreuil : « Jamais les sondages du mois de janvier n’ont fait le résultat du mois de mai. »Avant le mois de mai, il y aura déjà le mois d’avril.