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organiser une resistence, une lutte contre ce qui peut paraitre inexorable est deja quelque chose d
Par revesolution, le 15.09.2019
l
Par Anonyme, le 27.05.2019
je voudrais bien ecrire mais il n'apparait que ce petit cadre alors tant pis je vais l'utiliser.
l e mouvemen
Par Anonyme, le 24.01.2019
le mouvement des gilets jaunes à pris sa source dans le mécontentemen t d'une grande partie de la population;
Par Anonyme, le 23.01.2019
oui, une enquete s,impose.... http://revesol ution.centerbl og.net
Par revesolution, le 25.11.2018
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Date de création : 03.03.2015
Dernière mise à jour :
22.01.2026
4492 articles
La révolution numérique et son cortège de technologies et de robots bouleverse de différentes manières le monde du travail : intensification du travail, frontière de plus en plus floue entre travail et hors travail, flicage, déqualification mais aussi disparition de millions d’emplois. Dans son ouvrage, Le progrès sans le peuple, l’historien des sciences, David Noble porte une critique radicale des nouvelles technologies en rappelant que loin de toujours représenter « un progrès », elles servent surtout les intérêts du patronat. Alors que la première révolution industrielle, au XIXème siècle, avait suscité des mouvements de résistance des travailleurs et travailleuses – les luddites entre autre –, il constate que ce n’est pas le cas pour cette nouvelle révolution technologique. Il milite depuis les années 1980 pour que les technologies soient considérées comme une question centrale et politique dans les syndicats.
Bien que rares, les mobilisations syndicales pour contrôler et maîtriser l’usage des nouvelles technologies ne sont pas inexistantes. Dans son ouvrage, David Noble prend l’exemple de l’International Association of Machinists and Aerospace Workers (IAM) – syndicat des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale – crée à la fin du XIXème siècle par des machinistes aux États-Unis et au Canada qui rassemble 600 000 salariés de l’aéronautique et aérospatiale, des pièces automobiles, de l’électronique, de l’industrie des machines-outils et des systèmes. En 1981, lors d’un congrès du syndicat, une résolution et une campagne sur la question des nouvelles technologies est adoptée. Voici un extrait de l’intervention d’un syndicaliste, Dick Greenwood, assistant du président international de l’IAM.
La relation entre le travailleur et la machine est en train de subir une transformation radicale. Jusqu’à maintenant, les machines ont globalement remplacé la force musculaire dans le monde du travail. Mais le travail humain est resté le principal facteur de production dans la création de richesse, quoiqu’il n’ait jamais été reconnu ou rétribué à sa juste valeur.
Certains signes montrent que les nouvelles technologies qui sortent actuellement relégueront le travail, en tant que facteur de production même, à un statut secondaire. À l’heure où les robots construisent des robots capables de découper, de mouler, de souder, de peindre, d’assembler et de charger et décharger des véhicules et des appareils, alors, mes frères et mes sœurs, il nous faut parler de primauté du capital, parce que, dans ce type de production, le travail a été drastiquement réduit voire éliminé des ateliers. Les universitaires commencent à parler de productivité du capital, et non plus du travail.
Les nouvelles technologies ne remplacent pas seulement la force musculaire, elles sont en train de remplacer les capacités intellectuelles et le système nerveux des humains. Les directions ont toujours brillé par leur intelligence artificielle mais on a moins envie de rire quand on apprend que les universités et laboratoires des grandes firmes travaillent aujourd’hui incorporent à leurs machines de la véritable intelligence artificielle. Le QI des machines n’est pas le problème – de toute façon les directions nous ont rarement prêté le moindre QI ; et, depuis Frederick Taylor, elles n’ont jamais voulu que nous ayons la moindre intelligence – juste assez pour répondre aux ordres de la hiérarchie, comme « Plus vite ! », « Ne posez pas de questions », « Arrêtez de chipoter sur les salaires », « Vous êtes viré » et, parfois, « Vous êtes embauché ».
Maintenant, General Electric et ses collaborateurs de la Business Roundtable ont non seulement installé Ronnie le robot à la Maison blanche (dont il n’est pas difficile de deviner le QI), mais ils viennent nous pourchasser jusqu’au travail [1].
Oubliez ces postes sympathiques et proprets en col blanc ou rose que nous étions censés obtenir une fois que les technologies nous auraient évincés des ateliers de production, des ateliers de mécanique spécialisée et des entrepôts : les nouvelles technologies sont déjà en train de faire le vide dans les immeubles de bureaux. Adressez votre candidature : elle vous sera renvoyée direct à travers la porte-tambour par l’exode déjà en cours. La nouvelle tendance, dans les bureaux, c’est le traitement de texte avec systèmes de mémoire et imprimantes automatiques. Un seul opérateur, à condition d’être suffisamment « taylorisé », peut en gérer une dizaine. Dans la même veine, dans les usines, de nouveaux ateliers mécaniques et cellules de travail robotisés permettant le chargement, la découpe, l’affûtage, le fraisage, le polissage, le façonnage, le transfert et l’assemblage éliminent des métiers, des savoir-faire – et des personnes.
Même si nous échappons pendant quelques années au « chômage technologique », nous allons nous retrouver avec des espaces de travail organisés différemment, des tâches supplémentaires et des compétences réduites, de nouvelles catégories professionnelles et d’autres obsolètes, de nouveaux systèmes et des centres permettant aux directions de contrôler le travail à distance. Les conflits vont se multiplier, le langage des contrats sera trop vague ou totalement inadapté aux problèmes, et le jargon et la novlangue que la direction commence à utiliser permettront un enfumage complet – un véritable tour de passe-passe.
Tous ces changements ne font que commencer. Ils vont s’accélérer, propulsés par un patronat paniqué par sa gestion désastreuse de la crise en cours. Les directions voient dans les technologies une solution de facilité à leurs décisions cupides et à courte vue et au gâchis de leurs politiques d’investissement. Ce sont aussi un moyen de contourner les syndicats et les procédures de négociation collectives. Bien sûr, c’est grâce aux généreuses baisses d’impôts et crédits d’impôt que leur ont accordés les reaganiens et le Congrès que nos employeurs peuvent financer tout ceci.
Face à ce contexte, le syndicat des machinistes a convié un groupe de délégués d’ateliers, quelques cadres locaux et régionaux, plusieurs ouvriers perspicaces sans titre particulier, quelques ingénieurs du groupe, des chercheurs en génie industriel et d’autres universitaires, et les a enfermés pendant une semaine pour cogiter et débattre sur la situation en cours.
Une fois tout le monde reparti, les membres de l’IAM ont rédigé une « déclaration des droits » destinée à faire connaître au public les conséquences sociales des technologies, et non pas seulement les aspects économiques et techniques sur lesquels on se focalise ces temps-ci. Nous avons aussi dressé une liste de recommandations spécifiques à présenter à l’ensemble du syndicat pour prolonger la discussion et la réflexion. Tous ces documents sont disponibles sur demande.
À ce stade, l’objectif n’est pas de bloquer la technologie mais de contrôler le rythme et la forme de son introduction afin qu’elle soit adaptée aux besoins des ouvriers et rende service aux gens au lieu de faire de nous ses serviteurs ou ses victimes. Elle peut aller dans les deux directions. Elle va pour l’instant dans la mauvaise.
Qu’on se le dise : si nous voulons une semaine de travail plus courte à salaire égal, c’est le moment de se battre. À défaut, nous allons nous retrouver avec plus de temps libre que nous n’en avons jamais rêvé, comme ces millions de chômeurs dont le temps libre n’est pas rémunéré.
Comme le disait un analyste, nous risquons de mourir de faim au paradis.
Extraits de David Noble, Le progrès sans le peuple. Ce que les nouvelles technologiques font au travail, Agone, 2016.